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Que l’on travaille seul, en tant que freelance, ou au sein d’un collectif d’individus, la question de l’équilibre entre intérêt individuel et intérêt collectif se pose. Que partager, et dans quelle mesure ? Est-il préférable de mutualiser, de collaborer ou de coopérer ?

Une des missions de comit est d’accompagner des organisations dans le partage de la valeur créée, de l’information et du pouvoir entre leurs différentes parties prenantes : en s’interrogeant sur le fondement des collectifs, on crée de nouvelles dynamiques de mutualisation, de collaboration et de coopération.

Comment jouent ces trois termes ensemble ? Comment peut-on les articuler de façon à comprendre ce qu’il se passe dans ton organisation, ton collectif ou ton écosystème de partenaires ?

 

Mutualiser

En mutualisant, on décide de partager l’usage afin de réduire les coûts individuels.

Imaginons par exemple que je possède une voiture, que j’utilise 1h par jour en moyenne, tandis que mon voisin a aussi une voiture qu’il utilise 2h par jour en moyenne. Notre voiture nous coûte à chacun comme si nous l’utilisions 24h par jour (entre l’achat, l’assurance, l’entretien, le nettoyage, les frais de garage ou de parking).

Ensemble, nous pouvons décider que notre usage du véhicule est compatible et que posséder ensemble un seul véhicule pour deux va permettre de faire des économies. Nous mutualisons l’usage de notre véhicule en en partageant la propriété.
Grâce à cette décision, nous diminuons nos coûts individuels, en échange d’une perte d’autonomie.

 

Avec la mutualisation, plusieurs organisations ou individus partagent l’usage de produits ou de services
(Crédits : comit GbR)

 

Mutualiser, c’est finalement passer du concept de propriété à celui d’usage, en réduisant les coûts générés par la propriété.

Ce concept s’applique à de nombreux outils de travail, comme les bureaux partagés en coworking ou encore les ordinateurs partagés, mais aussi à des services : les organisations culturelles, par exemple doivent assurer les tournées de leurs spectacles avec peu de moyens, d’où l’impossibilité d’avoir une personne compétente à temps plein dans la structure.
La solution ? Rejoindre un groupement d’employeurs : plusieurs organisations partagent des salariés compétents au moment elles en ont le plus besoin.

De la même manière, certaines coopératives de freelances comme SMartFR et SMartDE proposent de mutualiser la comptabilité et le service de recouvrement. En intégrant SMart, tu vas facturer via la structure qui va prendre en charge la comptabilité (où se trouve aussi ton activité) et assurer un paiement ponctuel de tes factures.

 

Pour analyser un dernier exemple de mutualisation, prenons la machine à remonter le temps et retournons au Moyen-Âge.

A l’époque, les fours à pain individuels étaient peu nombreux : le coût en bois et en entretien étaient trop importants par rapport à la quantité de pain à cuire pour la semaine. Le four à pain était mutualisé quand il était communal. Il fallait attendre le jour de cuisson, apporter sa bûche et son pain à cuire, participer à l’entretien collectif pour avoir son pain cuit.

Cela permettait de réduire des coûts d’investissement et d’entretien, des coûts variables, des risques d’incendie dans sa propre maison et de renforcer des liens de voisinage. Mais cela impliquait une perte d’autonomie : on ne pouvait pas faire son pain quand on le souhaitait.

 

Pour mutualiser, il est important d’évaluer les coûts et l’usage, et d’analyser quels usages peuvent être partagés.
Avec la mutualisation, on met en commun pour servir l’intérêt individuel.

 

Collaborer

Collaborer signifie au départ travailler (ou peiner) ensemble. L’objectif est d’obtenir un résultat supérieur à la seule somme des apports de chacun, par la combinaison des apports.

Cette idée se rapproche fortement du troisième principe de l’économie de la connaissance, qu’Idriss Aberkane explique dans une de ses conférences sur le biomimétisme : pour lui, « les combinaisons des connaissances ne sont pas linéaires » : il y a non seulement juxtaposition de valeur mais aussi création de valeur supplémentaire.

 

Avec la collaboration, plusieurs organisations ou individus combinent la valeur qu’ils apportent
pour mieux servir leurs clients ou bénéficiaires
(Crédits : comit GbR)

 

La collaboration constitue le fondement d’une grande partie du travail de comit : lorsque nous aidons par exemple des entreprises à découvrir et intégrer un nouvel écosystème, nous collaborons avec une de nos partenaires spécialisée dans la communication et les évènements presse.
comit apporte alors sa méthodologie de cartographie d’écosystème tandis que notre partenaire partage son propre écosystème et son savoir-faire dans l’organisation d’évènements.

Grâce à cette collaboration, nous identifions ensemble les éléments manquants du nouvel écosystème pour l’enrichir, créant ainsi des relations fortes entre notre client et ces nouveaux partenaires.
Pour nos deux organisations, collaborer implique aussi de mutualiser du temps, des outils, des compétences et nos écosystèmes.

 

Le partenariat est donc une des formalisations possibles de la collaboration : en devenant partenaires, nous pouvons proposer des offres où toutes les parties prenantes gagnent.

Avec la collaboration, l’intérêt collectif sert l’intérêt individuel.

 

Coopérer

Coopérer, c’est opérer ou faire ensemble. Dans le cadre de la gouvernance partagée, cela implique de changer sa posture pour se mettre au service du projet et produire un résultat qui nous dépasse.

Avec la coopération, plusieurs organisations ou individus se mettre au service d’une « organisation vivante »
(Crédits : comit GbR)

 

En coopérant, on s’assure que l’organisation a un impact positif sur toutes les parties prenantes, qu’elles soient internes (salariés, fondateurs, etc.) ou externes (partenaires, clients, etc.)

La coopération existe naturellement, par exemple dans le corps humain : nos organes travaillent en symbiose avec des structures microscopiques. L’exemple typique est la flore intestinale, qui digère des nutriments que notre corps n’est pas en mesure de digérer seul, comme le lactose. L’organisme n’est donc pas seulement un ensemble d’organes mais un écosystème complexe d’éléments internes et externes, au service du bon fonctionnement de l’humain.

Avec la coopération, l’intérêt collectif dépasse l’intérêt individuel.

 

Toute entreprise devrait s’appuyer sur la coopération, mais il arrive qu’il y ait des dysfonctionnements. Difficulté à trouver des personnes engagées, sous-valorisation de ce que l’on apporte, partage inéquitable des revenus : autant d’exemples que nous rencontrons régulièrement.

Changer sa posture pour se mettre au service de l’organisation vivante, c’est un premier pas pour assurer la pérennité d’un projet. Quelles “règles” ou pratiques mettre en place pour ne pas se perdre dans le collectif ? Comment éviter que les intérêts individuels nuisent à l’intérêt collectif ?

Avec comit, nous accompagnons les structures à changer cette posture de manière concrète : création et au partage d’une vision commune avec la session d’exploration, mise en place du partage des informations grâce à la valorisation de l’écosystème et nos outils de gestion collaboratifs, etc.

N’hésite pas à nous contacter si tu souhaites aller plus loin : nous serions ravis d’échanger avec toi là-dessus!